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  • APE Marguerittes

Le bon Samaritain (Evangile de Luc Ch. 10 versets 30 à 37)


Je suis la fille d’un Bon Samaritain. Ma mère était comme cet homme de la bible qui aidait les autres sans chercher la moindre reconnaissance.

J’ai pourtant grandi dans une famille de non-croyants, tous des personnes très intelligentes, compatissantes qui nous enseignaient que Dieu était un concept merveilleux mais qu’Il n’existait pas. A la table familiale, alcooliques et drogués sur le chemin de la guérison, sidaïques, tous partageaient notre repas et notre foyer. Beaucoup ont vécu avec nous pour de longues périodes ou pendant leur convalescence, ou jusqu’à ce que la maladie soit plus forte que leur corps. Ils étaient respectés, aimés et nourris comme des amis. C’est l’exemple d’amour et de service dans lequel j’ai grandi mais cela n’a jamais été fait par service pour Dieu ou pour des raisons religieuses. Ma famille ne croyait pas en ce genre de choses.

Et puisque je n’avais jamais entendu parler de Jésus comme d’un sauveur, et que je ne connaissais pas Dieu, pourquoi aurais-je voulu devenir chrétienne ? Tout ce que j’ai compris de l’amour, je l’ai vu devant moi d’une mère athée.

Ma mère était une artiste accomplie, qui voyageait dans le monde entier, bien connue et respectée. Les week-ends, je parcourais avec elle des centaines de kilomètres pour aller dans des galeries, à des vernissages et à des expositions de ses œuvres. Pendant ces week-ends et l’été, je descendais dans des hôtels, des motels et chez des amis et collègues artistes. Vers l’âge de 14 ans, je me suis intéressée à l’existence de Dieu. Je respectais énormément mon père et ma mère mais comme tous les adolescents, je remettais en question leurs choix et je me demandais si leurs croyances seraient les miennes. Je n’avais certainement pas envie de devenir chrétienne mais je voulais savoir si quelque chose ou quelqu’un existait là-bas dans le « grand au-delà ».

En 1974, seule dans une chambre d’hôtel, au cours de l’un de nos nombreux déplacements à travers le pays, j’ai pris une Bible Gédéon. J’en avais vu avant mais je les évitais comme la peste.

Néanmoins, j’ai commencé à lire, sans but précis, en ne comprenant pas grand-chose. Pourtant, en dépit de mon ignorance de tout ce qui concernait la Bible, j’ai lu et les histoires ont capté mon attention. Je n’avais aucune idée que, dans cette chambre d’hôtel, le Saint Esprit m’attirait, en murmurant des paroles de vérité à mon âme et qu’il m’attirait vers Dieu. Quand est arrivé le moment de quitter l’hôtel, j’ai décidé de « voler » la Bible et de l’emmener chez moi. Bien entendu, connaissant les croyances de ma mère, j’ai caché la Bible dans mes bagages.


A la maison, je la lisais en cachette sous les couvertures à la lampe de poche afin que personne n’en sache rien. Ni mes parents, ni mon frère, ni ma sœur n’était au courant parce que je savais qu’ils n’apprécieraient pas. Puis est arrivé l’heure de l’université. Pour mon départ, ma mère, qui était aussi ma meilleure amie m’a aidé à faire mes bagages. Comme je ne pouvais pas sortir ma bible au grand jour, elle est resté cachée dans mon placard et je ne l’ai pas emmenée.

Au cours de mon premier trimestre à l’Université de Georgie, j’ai fini par rencontrer le Dieu vivant. La fille de l’autre côté du couloir a été l’un des premiers « vrais » croyants que je pense avoir jamais rencontrés. Elle parlait de ses conversations avec Dieu, comment elle Lui parlait tous les jours et comment Il avait changé sa vie quand elle avait été sauvée. Tout cela était quelque chose qui ne voulait rien dire pour moi, qui frustrait mes croyances d’athée et mes idées sur les chrétiens et le christianisme. Mais Dieu a continué, dans Sa fidélité, à m’attirer et à me rechercher… jusqu’à ce que je finisse par prendre conscience qu’Il m’avait toujours aimée, qu’Il avait toujours été là et qu’Il avait toujours attendu patiemment que je fasse attention à Lui. Et quand j’ai fini par le faire, c’est tout ce qu’il a fallu. J’ai donné ma vie à Jésus-Christ et le soir-même, j’ai été baptisée dans une baignoire par un jeune pasteur, ma première amie chrétienne et d’autres jeunes étudiants chrétiens m’apportant leur amour et leur soutien.

Quand je suis rentrée chez moi pour Noël, j’avais une nouvelle Bible que quelqu’un m’avait donnée et je n’ai donc jamais recherché ma vieille Bible Gédéon rouge.

J’ai toujours espéré, comme tous les chrétiens, que ma famille croirait aussi et découvrirait que Dieu les a toujours aimés aussi pendant toutes ces années. Il est toujours fidèle et au fil des années, ma sœur et ses enfants, ma tante et ses enfants, et mon père sont devenus chrétiens, pas seulement des chrétiens qui vont à l’église le dimanche mais des enfants zélés de Dieu – sauf ma mère et mon frère. Ma mère, en particulier, ne veut pas et n’admet pas les discussions. Elle continue seulement à se consacrer aux autres, à se préoccuper des laissés pour compte et à faire ce que de nos jours beaucoup de chrétiens ne peuvent pas concevoir – vivre la vie chrétienne sans croire au Maître de la vie.

En mai 2002, on a diagnostiqué chez ma mère un cancer du poumon inopérable. Elle était pragmatique et a voulu savoir combien de temps il lui restait. Il lui a été répondu assez franchement qu’il lui restait six mois tout au plus. Elle a pensé qu’elle avait vécu une vie riche et abondante et elle était en paix mais bien sûr j’étais atterrée. Quand le choc a commencé à se dissiper, mon cher mari m’a donné des paroles de foi : Dieu va utiliser cela pour attirer ta mère à Lui. Je n’étais pas convaincue que cela pourrait se passer ainsi.

Plusieurs mois après que le diagnostic ait été posé, alors qu’elle était assise dans son jardin pour prendre son repas de midi, j’ai essayé de partager avec elle une histoire du Nouveau Testament. Pour une raison ou une autre, je ne me souviens pas de tous les détails et j’ai mentionné que j’aurais aimé avoir une Bible sur moi. Ma mère a dit : « Oh, je pense que j’en ai une, sur l’étagère du haut dans ma chambre. Je ne suis pas sûre de savoir d’où elle vient, je pense qu’elle est juste arrivée dans la maison d’une façon ou d’une autre. » J’étais un peu surprise mais je suis allée dans la chambre, j’ai grimpé sur une chaise et j’ai cherché la Bible dont elle parlait. Et là elle se trouvait, sur l’étagère, couverte de poussière – et oui, c’était la Bible Gédéon que j’avais « volée » à l’hôtel bien des années auparavant. D’abord j’ai pleuré et ensuite je suis ressortie dans le jardin et j’ai expliqué à ma mère d’où venait cette Bible. Je la lui ai laissée ce jour-là, juste au cas où elle voudrait la lire.

Un an plus tard, après avoir dépassé tout ce qu’avaient prévu les médecins, ma mère a fini par donner son cœur à Jésus-Christ. Dans les deux années qui ont suivi sa consécration à Jésus, elle est devenue une ambassadrice aimante du Royaume de Jésus, rendant grâces pendant ce temps et donnant crédit à Celui qui l’aimait, montrant à ceux qui l’entouraient qu’Il les aimait aussi d’un amour passionné, débordant. Elle a continué à partager son cœur et sa foi jusqu’à ce que le moment soit venu pour elle de glisser dans le coma et de mourir le Jour de l’An.


Le service en sa mémoire a rempli notre église à craquer. Beaucoup de ceux qui étaient là étaient des amis de longue date mais des non-croyants qui ne pouvaient pas passer sur la foi que ma mère avait découverte pendant les deux dernières années de sa vie. Ils ont été profondément émus par sa foi ferme et par son engagement avec Dieu si bien que, dans les deux mois qui ont suivi son décès, l’une de ses plus proches amies, juive et ami intime de la famille, a donné sa vie à Jésus-Christ et a depuis été baptisée.

Dieu n’est-Il pas merveilleux ? Ses voies sont mystérieuses, merveilleuses et profondes. Il s’est servi d’une Bible Gédéon pour amener ma famille à Jésus-Christ et cette même Parole vivante n’a pas seulement changé ma vie mais aussi celle de mes amis et de ma famille.


Carrie L. Christie, Atlanta, Georgie

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